La cause du syndrome de l’autodidacte

Lorsqu’on est autodidacte, on se sent parfois illégitime, un peu comme dans le cas du syndrome de l’imposteur, auquel beaucoup de surefficients sont confrontés.

On pense que  ce sentiment d’illégitimité vient du fait qu’on n’a pas les diplômes ou parce qu’on n’a pas suivi de maître.

Aujourd’hui j’ai une théorie légèrement différente à vous proposer.

L’autodidacte ne peut pas mesurer son efficacité

Pourquoi ?

Non pas parce qu’il n’a pas appris auprès d’un prof, mais parce qu’il n’a pas appris entouré de pairs, de camarades de classes, de gens qui généralement partent du même niveau que lui et sont à la fin de formation censés arrivés au même niveau, dans le même temps imparti.

Dès lors, l’autodidacte n’a aucun moyen de mesurer la valeur de son travail, parce qu’il n’a pas moyen de classer les résultats qu’il obtient par rapport aux résultats qu’obtiennent les autres.

Et il a encore moins les moyens de mesurer son efficacité : il ne voit pas les autres travailler, ne sait pas quels efforts ils mettent pour quels résultats.

Ces deux notions, la dernière surtout, me semblent importantes dans l’estime de soir. Parce que, avec un temps illimité, il est possible d’apprendre tout ce qu’on veut, et de rendre un très bon travail (encore qu’on risque, par perfectionnisme, de ne pas rendre de travail du tout).

Ça se passe comme ça à l’école…

Au collège, j’étais souvent premier de ma classe. Du coup, mes camarades de classe me demandaient deux choses :

  1. « t’as eu quelle note ?« 
  2. « tu passes combien de temps sur tes devoirs le soir ?« 

A l’époque je trouvais la première question stupide :  pour moi, la note avait une importance dans l’absolu : 18/20 c’était très bien, 16/20 c’était bien, 14 moyen, 12 bof et en dessous… J’imaginais les profs infaillibles et dans ma tête tous les contrôles se valaient et devaient produire les mêmes résultats. Bon, c’est peut-être un peu bête, mais même aujourd’hui ça me semble encore assez vrai pour ce qui concerne le collège (après c’est plus compliqué, avec les dissertations, etc.).

Quant à la deuxième question, je n’ai jamais su y répondre. Au collège, pour moi « travailler », « faire ses devoirs », c’était juste remplir les blancs : à aucun moment il n’y avait de casse-tête. Dès  lors, je n’avais aucune raison de mesurer le temps que je passais dessus : je le faisais, et puis c’était tout ; c’était pas comme si ça avait été compliqué de toutes façons. Je trouvais vraiment mes camarades de classe bizarres de me poser cette question.

Et dans le monde du travail… autodidacte ne veut pas dire moins exigeant

On se rend compte qu’il y a des gens qui font les choses sans se poser trop de questions sur la qualité de leur travail.

Certains confrères créateurs de sites web arrivent même à se faire payer très cher des prestations de qualité assez médiocre, ou sans avoir légitimé leurs compétences par des diplômes ou un long portfolio.

Tout le monde ne se pose pas la même quantité de questions et n’a pas les mêmes exigences de qualité.

Certaines personnes sont à l’aise avec leur faible niveau de qualification. J’ai une amie qui en 2014, sans qualification, a vendu une formation à la création de site web 400 €. C’était un site Wix, et elle n’avait vraiment pas trop la tête dans le web, puisque, encore à aujourd’hui, elle n’a pas d’accès à internet.

Certaines agences (oui, agences !) n’ont pas de scrupule à facturer très cher des sites mal conçus, qui rendent le client dépendant de l’agence, et à refacturer des prestations causées par des problèmes qui n’auraient pas eu lieu si le site avait été bien conçu dès le départ.

Je ne pense pas que ce soit l’essentiel de la profession, mais je parle de ça car je l’ai quand même réellement vu chez un client : un site facturé 1500 € de base pour l’intégration d’un Elegant Theme, intégration faite très salement, puisque c’est le style.css du thème qui avait été directement modifié, ce qui a effacé les modifications lors de la MàJ du thème, et a causé une nouvelle facture de 300 € o_O (si si, je vous jure).  Et le logo de mon client n’avait même pas été réalisé par l’agence en question, mais par une étudiante en graphisme qui a été payée séparément !

Si on pouvait se comparer… on se rendrait peut-être compte qu’on est bien meilleurs

Ou au moins bien meilleurs qu’on ne se pense.

Mais on ne peut généralement pas comparer nos efficiences relatives.

On peut juste regarder ce que font les autres, essayer de savoir à quels prix ils vendent leurs prestations, et caler nos prix sur les prix du marché. Si on est plus efficaces, tant mieux pour nous, ça nous fera des vacances.

Le bon, la brute et le médian

Dans tous les domaines, il y a :

  • le meilleur,
  • le plus nul,
  • et une foultitude de personnes entre les deux.

Au collège, on est 30 par classe. La probabilité d’être l’âne ou l’intello est grande.

Dur parfois d’accepter d’être… normal, et de ne pas tout le temps rendre un travail parfait ou exceptionnel.

Se comparer aux autres à l’heure d’internet : avec modération

A l’heure d’internet on a facilement l’impression que, quoiqu’on fasse, un asiatique de 5 ans saura le faire mieux que nous.

Depuis internet, on trouve tout le temps meilleur que soit. C’est comme ça. C’est bien pour se tirer vers le haut, mais ça peut parfois être stressant. J’imagine qu’il peut être thérapeutique parfois de regarder en dessous. J’imagine que c’est pour ça que certaines personnes regardent Parks and Recreation, Shark Tank ou encore des vidéos Youtube où elles peuvent se moquer, comme celles de Jean-Pierre Helant. J’ai personnellement jamais été trop porté sur la moquerie123, mais j’imagine que certains arrivent par ces biais à trouver des sources d’ego boost qui leur permettent de se sentir bien par rapport à eux-mêmes (anglicisme) et à avoir des vacances (anglicisme : « give me a break« ).

  1. hypothèse 1 : par narcissisme, je regarde la plupart des gens avec les même yeux que eux regardent Jean-Pierre Helant ^_^
  2. hypothèse 2 : je trouve juste ça petit
  3. hypothèse 3 : j’ai peur des représailles

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